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À Toulouse, à quelques jours de la rentrée universitaire, de très nombreux locataires cherchent désespérément un logement. Étudiants, jeunes actifs, salariés mutés ou familles monoparentales se retrouvent en concurrence sur un marché qui manque cruellement de studios et de deux-pièces.

Pour preuve, cette annonce que j’ai postée sur leboncoin jeudi 28 aout pour un T2 meublé situé à proximité du metro Trois Cocus. 24h plus tard j’avais recu… 146 demandes !

Une offre locative toujours très inférieure à celle de 2019

À première vue, la situation nationale semble légèrement s’améliorer. D’après l’Observatoire Bien’ici, le nombre de logements proposés à la location a progressé de 12,5 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période de 2025.

Cette reprise reste cependant très insuffisante. L’offre locative demeure inférieure de plus de moitié à celle de 2019. En dehors de l’Île-de-France, le recul atteint même près de 57 %.

Le déséquilibre est particulièrement marqué pour les petites surfaces. Au niveau national, les studios et les deux-pièces concentrent les deux tiers des recherches locatives, mais ne représentent que 56 % des logements disponibles.

Ce sont pourtant les biens recherchés simultanément par les étudiants, les jeunes actifs, les personnes seules, les jeunes couples et les familles monoparentales. Tous se positionnent sur les mêmes annonces, généralement dans les mêmes quartiers et avec des budgets proches.

À Toulouse, les annonces locatives ont été divisées par 2,5

La situation est encore plus préoccupante dans la Ville rose.

Selon les données de Bien’ici rapportées en août par La Dépêche du Midi, le volume des annonces locatives à Toulouse a été divisé par 2,5 en sept ans. Dans le même temps, la demande demeure trois fois supérieure à son niveau de 2019. En juin 2026, 90 % des recherches immobilières effectuées sur la plateforme concernaient une location, alors que les locations ne représentaient que 33 % des annonces disponibles.

Cette pénurie est accentuée par l’attractivité démographique de la métropole, qui accueille environ 11 000 habitants supplémentaires chaque année.

Toulouse compte également près de 130 000 étudiants, dont plus de 15 000 étudiants internationaux. À chaque rentrée, des dizaines de milliers de candidats se mettent donc à rechercher un logement au même moment.

« C’est globalement la guerre »

Derrière les statistiques se cachent des situations très concrètes.

Louis, étudiant en aéronautique, expliquait début août avoir augmenté son budget, accepté de réduire la surface recherchée et élargi son périmètre autour des transports en commun. Malgré deux garants et des recherches sur plusieurs plateformes, il ne trouvait toujours pas de logement.

Valentin, étudiant à l’Institut catholique de Toulouse, avait commencé ses recherches dès la mi-mai. Après avoir visité une quinzaine d’appartements, il résumait ainsi la situation : « C’est globalement la guerre pour trouver un appartement. » Initialement réticent à payer des frais d’agence, il avait fini par solliciter les professionnels, faute d’un nombre suffisant d’annonces entre particuliers.

Une autre enquête publiée le 23 août rapporte le témoignage de Bastien, professeur muté à Toulouse. Dix minutes après la publication d’une annonce, une trentaine de candidats peuvent déjà s’être manifestés. Contraint de loger temporairement chez sa mère dans l’Aveyron, il effectue près de deux heures de route pour visiter des appartements et affirme avoir rencontré moins de difficultés pour se loger en région parisienne.

Maë, étudiante en graphisme, cherchait quant à elle depuis deux mois. Après cinq visites sans résultat, elle avait dû augmenter son budget et élargir sa zone de recherche, avec l’espoir de trouver une solution avant sa rentrée du 2 septembre.

Pourquoi aussi peu de logements se libèrent-ils ?

Plusieurs phénomènes se cumulent.

Tout d’abord, les locataires restent davantage dans leur logement. La difficulté d’accéder à la propriété et la crainte de ne pas retrouver une location comparable ralentissent fortement la rotation du parc.

Ensuite, certains propriétaires de petites surfaces choisissent désormais de vendre. En 2019, 73 % des studios arrivant sur le marché étaient proposés à la location. En 2026, cette proportion n’est plus que de 47 % : la majorité des studios concernés sont désormais proposés à la vente.

Les contraintes liées au diagnostic de performance énergétique ont également retiré une partie des logements du marché. Le nombre d’annonces concernant des biens classés F ou G a été divisé par cinq depuis 2019. Certains logements sont rénovés, mais d’autres sont vendus et ne reviennent pas nécessairement dans le parc locatif.

Enfin, la construction neuve reste insuffisante pour absorber la croissance de la population et répondre à la demande supplémentaire.