Le diagnostic de performance énergétique devrait prochainement évoluer afin de mieux prendre en compte le confort des logements pendant les périodes de forte chaleur.
Une évolution logique : le DPE mesure principalement la capacité d’un logement à conserver la chaleur en hiver, tandis que son comportement pendant les canicules influence peu sa note principale. Un appartement bien isolé peut ainsi obtenir une étiquette correcte tout en devenant difficilement supportable en été.
À Toulouse et dans le sud de la France, cet inconvénient est particulièrement visible.
Un diagnostic régulièrement modifié
Cette nouvelle évolution ne serait pas la première. Depuis sa réforme majeure de 2021, le mode de calcul du DPE a déjà été corrigé à plusieurs reprises.
En 2024, la méthode a notamment été adaptée pour moins pénaliser les logements de moins de 40 m².
Depuis janvier 2026, le coefficient appliqué à l’électricité a également été abaissé. Cette seule modification a permis à des centaines de milliers de logements d’améliorer leur classement sans qu’aucuns travaux soient réalisés !
Le même appartement peut donc passer de F à E, voire de E à D, simplement parce que la formule de calcul a changé.
Cela montre que le DPE n’est pas une mesure physique absolue. Il s’agit d’une estimation conventionnelle reposant sur des hypothèses techniques et des choix réglementaires.
D’autres changements sont probablement à prévoir
Le DPE continuera vraisemblablement d’évoluer dans les prochaines années. Le changement climatique, les progrès techniques et les critiques formulées par les professionnels imposeront de nouvelles adaptations.
La politique pourrait également jouer un rôle. Une alternance gouvernementale en 2027 pourrait modifier la méthode de calcul, le calendrier des interdictions de location ou la place accordée aux différentes sources d’énergie.
Prudence pour les investisseurs !
Un investisseur ne devrait donc jamais fonder son achat uniquement sur la lettre affichée par le DPE.
Il faut également examiner :
- les consommations réelles du logement ;
- son exposition et son comportement en été ;
- la qualité de l’isolation et de la ventilation ;
- le système de chauffage ;
- les travaux techniquement réalisables ;
- le risque d’une nouvelle évolution réglementaire.
Le DPE reste un indicateur utile, mais son histoire récente montre qu’une étiquette énergétique peut changer sans que le logement lui-même ait été amélioré.
Pour un propriétaire ou un acquéreur, la meilleure stratégie consiste donc à respecter les règles actuelles, tout en gardant à l’esprit qu’elles ne sont probablement pas gravées dans le marbre.